Un peu d'histoire de Chouzelot
Textes et
transcription par Gaby Dalmau
largement
inspirée de la monographie de Louis BEUQUE
instituteur à Chouzelot en 1900
Les
habitants de Chouzelot s’appellent les :
« Chozeloises » et « Chozelois »
(Chouzelot =
« Chaseles » ou « Choseles » au moyen-âge)
EXTRAITS de la monographie de LOUIS BEUQUE qui
reprennent des éléments de la vie de CHOUZELOT du
moyen-âge à la fin du 19ème siècle :
CHOUZELOT, souvent appelé « Chaselles » ou
« Choselles » dans les vieux titres, est d’origine
très ancienne et fut pendant fort longtemps
dépendante de la communauté de Quingey jusqu’à la
fin du 16ème siècle. Son histoire est souvent
intiment liée avec celle de Quingey, ville
limitrophe.
Chouzelot 260 mètres d’altitude
(316 mètres au Mont Gardot), fut érigée en commune
vers l’an 1600. Le village fait partie du canton de
Quingey. Fait partie également par ailleurs de la
paroisse de Quingey avec Cessey, Lavans, Pessans,
qui eux non plus n’ont ni église ni cimetière (voir
l’histoire des cimetières et de l’église de Quingey
qui concernent donc également Chouzelot).
En
reprenant le livre de Francis BAVOUX « la
sorcellerie au pays de Quingey » où les procès ont
fait rage au 16ème siècle, je vois qu’aucun(e)
accusé(e) de Chouzelot ne fait partie des listes
macabres, ouf !!!
La délimitation du
territoire de Chouzelot a été définitivement fixée
en 1827. Les habitants de Chouzelot eurent fort à
faire pour sauvegarder leurs droits vis-à-vis de
Quingey (y compris le Seigneur du Hameau de Malpas),
et de ….Cessey, et avec les Révérends Pères Carmes
qui possédaient de vastes propriétés dans la
commune.
Chouzelot a eu jusqu’à 30 hectares
de vignoble donnant un vin très estimé. L’activité
principale de Chouzelot autrefois, a toujours été la
culture (champs, bétail…). Tous les habitants
étaient cultivateurs et exerçaient parfois pour
certains un métier supplémentaire spécial tel que,
au 19ème siècle : 1 forgeron, 1 tonnelier, 3 maçons,
4 couturières, 1 blanchisseuse, 1 instituteur, 1
garde des champs, 2 cantonniers, 1 fromager, 1
employé, 4 rentiers ( !!!! considéré comme un
métier ????), 6 pêcheurs.
A propos de la pêche,
il s’agissait bien entendu de la pêche provenant de
la Loue que les pêcheurs emmenaient au marché de
Besançon …………….. à pied. Les femmes portaient les
paniers pleins de poisson sur leur tête !!!!! Puis
en charrette tirée par des bœufs ou des chevaux,
puis en moto jusque pendant la guerre de 39/45.
La population :
Population de la
Franche-Comté au lendemain de la guerre de 30 ans,
recensements nominatifs de 1654, 1657, 1666 baillage
de Quingey, ouvrage de 1995 réalisé par l’Institut
d’Etudes Comtoises et Jurassiennes, Université de
Franche-Comté, Faculté des lettres de Besançon, sous
la direction de Monsieur François LASSUS ingénieur à
l’Université.
Pour Chouzelot sont
recensés 12 ménages soit 54 personnes :
(procureur : C.NELATON de Quingey)
Louy MERCIER,
sa femme, 4 enfants
Clauda BIGUENET veuve de
Louis PRESTET, 4 enfants
Denis FRENEY, sa femme,
4 enfants, 1 valet, 1 servante
Pierre PERILLARD,
sa femme, 4 enfants
Pierre BAILLOT, sa femme, 1
enfant
Jean BORY, sa femme, 2 enfants
Maître
Guillaume DEREY, maréchal, sa femme, 4 enfants
Jean FAIBVRE, sa femme, 4 enfants
Maître Claude,
tisserand, sa femme, 1 valet
Pierre DEVILLERS, sa
femme, 2 enfants
Simone veuve de Claude FAIBVRE
Denise SIGYRAND, bergère, 1 garçon
En 1688
Chouzelot compte 96 habitants
En 1780 401
habitants
En 1800 379 habitants
En
1805 350 habitants
En 1841 307 habitants
En
1851 343 habitants 84 maisons
En 1861 316
habitants
En 1872 307 habitants
En 1881 281
habitants
En 1891 264 habitants
En 1899 87
maisons
Infécondité, émigration des jeunes
vers la ville et épidémie en 1855 due aux très
mauvaises conditions d’hygiène de vie par rapport à
l’eau surtout, le fumier devant les maisons, les
écoulements dans les rigoles des rues, qui décima la
population……. sont vraisemblablement des
explications à la baisse du nombre d’habitants, de
moitié presque en un siècle.
Impossible à
ceux-ci d’établir d’avance un budget familial car à
chaque instant tombent de nouvelles impositions plus
ou moins régulières sous lesquelles ils succombent
déjà. Les démêlées avec les Révérends Pères Carmes
sont fréquentes.
1780 – Les familles –
Patronymes :
GOY JOLY LAMBELIN FAIVRE
BARILLOT PAGE PRILLARD MOUREY VAUTHIER BAILLY
COMPAGNON FRENEY GUYNET (devenu GUINET je pense……)
LANDRY JAILLARD MERCIER
1780 – Les
patronymes disparus :
BAVEUX BEAUFILS MOULET
GROSJEAN PARIS GRANDPERRIN FIAT JEUNET RAGOT GRABY
CHALON DONONAL NELATON BONNET CAUBET VOIRESON
DEMOLOMBE CHAVOT REYNAUD DAVID DENIS LAMBERT AMOUDRU
BORY PONCET NICOLIN TOUTENUE RAMEE CHANET BOUCHEE
COURBET BERTRAND RETROUVEE CHAUVIN MAIRE CHAPUT
GAILLARD BAILLOT HUMBERT FAULE PECEZ FREJOT JOVINET
TONOT
1780 – Les nouveaux patronymes :
BUISSON CACHOT CAMUS CARREZ COMTE DESARNEAUX GACHOT
JUILLERAT LETONDOR MARLE MENIGOZ PAGE PANSARD
PISTOLET SERGENT TOURAISIN TRAMUS VITTE
1780
- Surnoms et sobriquets :
grenadier, la
mine, la religieuse, roland, la gigue, cadet,
capion, la brigade, cabry, coulot, cavalier,
favichon, le sergent, canquet, jean-coula, carteau,
batroute, mal tourné, la landignon, le cor, joubet
Tout le monde parlait un patois sans
particularité.
Il existait à CHOUZELOT, un
droit d’habitantage : il fallait être autorisé par
les notables après enquête portant entre autres sur
les mœurs, puis vote, à habiter à CHOUZELOT.
Il n’y a jamais eu de débit de boissons à CHOUZELOT.
Le lieu de rassemblement était la maison FRENEY
au centre du village où tout le monde se retrouvait
pour discuter.
Donnaient lieu à des
festivités au 19ème siècle : la fête nationale du 14
juillet, la fête patronale de la SAINT MARTIN en
novembre (patron de la paroisse de Quingey), les
fêtes des villages avoisinants où tout le monde se
rendait, et la CHEVANNE :
le jour de
carnaval (mardi gras), les jeunes gens dressent un
mât, un arbre, en un endroit quelconque. Ils
confectionnent ensuite un mannequin qu'ils promènent
dans le village, tout en faisant la quête dans les
maisons. Le soir venu, on attache le mannequin au
faîte de l'arbre, celui-ci habillé de haut en bas de
buis et de genevrier enduits de pétrole. A l'heure
fixée, les mariés de l'année, accompagnés de la
foule, viennent se ranger autour de l'arbre et le
plus jeune couple met le feu à la chevanne. Tandis
que celle-ci se consume, la foule crie sa joie à
pleins poumons. La fête se termine par un banquet
organisé avec le produit de la quête et auquel
prennent part seulement les jeunes gens qui ont
préparé la chevanne.
L’école :
Aux
17ème et 18ème siècles les enfants allaient à
l’école à QUINGEY.
Le premier maître d’école est
nommé à CHOUZELOT en 1801 :
Nombre d’élèves : 53
en 1860
27 en 1864
38 en 1868
35 à 45 entre
1870 et 1890
40 en 1899
A la fin du 19ème
siècle, ce sont des enfants de Quingey qui viennent
à l’école de Chouzelot ?????????
Moyenne de
fréquentation de l’école dans l’année : 7 mois de
1890 à 1898 : les enfants sont retenus par les
parents pour les travaux de la maison et surtout des
champs.
Cependant, en 1898, tous les adultes de
Chouzelot savent lire et écrire.
Une
bibliothèque scolaire est créée en 1881 grâce à la
générosité du Docteur BUHON de QUINGEY, entre
autres, bienfaiteur de l’hospice de Quingey (voir
livret sur les Sœurs de la Charité Hospice de
Quingey 1861-1980). La bibliothèque compte 92
volumes en 1899.
Actes de courage et de
dévouement – dons :
J.Joseph PRILLARD dit la
Pomme sauve 2 personnes de la noyade en 1856
inondations de la Loire
Louise VERNIER : consacra
pendant 15 ans son temps, ses soins et sa fortune
aux malades, aux infirmes et aux pauvres. Une
bienfaitrice pour Chouzelot.
Madame COURVOISIER
en 1864 fait don de 40 fr à la commune
Madame
Veuve BAILLY née COMPAGNON en 1879 fait un leg pour
l’hospice de Quingey pour soigner les vieillards
infirmes ou malades de Chouzelot. Ils sont au nombre
de 15 en 1898.
Pâtre communal jusqu’en
1820 : payé par la commune, il est chargé de garder
les bêtes dans les champs dont il a l’entière
responsabilité, son travail fait l’objet d’un
contrat.
Fromagerie : elle ouvre en 1838
pour la fabrication du gruyère mais ferme après
quelques années, le lait est alors dirigé sur
Quingey.
Elle rouvre à Chouzelot en 1850
(salle des fêtes aujourd’hui). 1/3 du lait vient de
Quingey qui n’a plus de fromagerie. Prix du lait de
1850 à 1899 : entre 0.71 fr et 0.139 fr
Syndicat agricole :
Il voit le jour le
8.1.1899 grâce à un homme d’initiative Jacques Jules
PRILLARD. Le syndicat fonctionne en association avec
Quingey. Le 17.3.1899 il compte 75 membres, la
cotisation est à 0.50 fr. Se constitue alors une
CAISSE D’ASSURANCE MUTUELLE contre la mortalité du
bétail. Elle compte 52 membres pour 277 têtes de
bétail représentant un capital de 97100 fr.
En 1892, il y a à Chouzelot 75 chefs d’exploitation
dont 1 fermier pour 315 hectares de propriété avec
une moyenne de 4 hectares par exploitation.
Les ouvriers agricoles sont rares mais le machinisme
n’a pas encore fait son apparition, les engrais
chimiques sont inconnus dans la commune.
Bois communaux et terrains communaux en 1743 :
Les bois
Ils couvrent 108
hectares lieux-dit : la Madelon, Gros Bois,
Chantelibas, Confetimini, Mont-Gardot. On y trouve
des chênes, des charmes, des hêtres, des frênes, des
érables. Les bois sont très protégés. De lourdes
peines et amendes sanctionnent les contrevenants.
Les terrains
Ils couvrent 144
hectares : aux Chèvres, Sous Chantelibas, les
Chanots, le Fougeret, les Essarts d’Humbert, les
Chevaucheux, les Justices, le Crêt, la grande et la
petite Chaux, le grand Mont-Gardot, les planches
Mont-Gardot, les Essarts Thomas Clerc.
Péage :
Jusqu’au 13.3.1849 il existe un
péage sur la route de Besançon, à Quingey, à
l’entrée de Chouzelot.
La poste :
1832 : le facteur passe tous les 2 jours. Il passera
tous les jours à partir de 1844.
L’eau : un
grand sujet de préoccupation pour Chouzelot :
Jusqu’en 1780 il existe un seul puits banal en haut
du village pour l’eau potable. 3 ou 4 puits privés
1780 : un nouveau puits communal est construit au
milieu du village
1802 : l’ancien puits est remis
en état. Achat par la commune du droit d’user d’une
fontaine d’une propriété privée.
1857 : le Maire
M.Courvoisier transfère le puits communal sur un de
ses terrains pour trouver de l’eau de source
1899 : 3 puits communaux, 33 puits particuliers qui
puisent l’eau de la Loue, de meilleure qualité que
l’eau de source douteuse.
Le 20ème siècle
sera encore marqué par le problème de l’eau à
Chouzelot (comme à Cessey)
Ce 20ème siècle à
Chouzelot, je ne le décrirai pas aujourd’hui car je
manque d’éléments et je souhaiterais qu’il me soit
raconté par les anciens de Chouzelot. Ce 20ème
siècle, je l’ai évoqué avec un natif de Chouzelot,
Robert GUINET parti s’installer à Cessey en 1950.
Voici des extraits de son récit car il y a de
nombreux points communs entre la vie des Chosellois
et Choselloises, Ceyssois et Ceyssoises entre
lesquels les unions ont d’ailleurs été nombreuses :
C’est avec une certaine émotion que je me suis
rendue le 11 mars 2007 au domicile de Robert GUINET
27 grande Rue à CESSEY. Je savais en effet, que
j’allais rencontrer une « vieille figure » de Cessey
comme on dit, ou un « ancien ». Le but : recueillir
des souvenirs, des émotions, évoquer la vie
d’autrefois à Cessey (…).
Et Robert,
casquette à petits carreaux sur la tête, a
totalement répondu à mon attente, dans cette petite
salle à manger / chambre à coucher de son ancienne
ferme, à laquelle on accède par la cuisine, les 2
pièces au plafond bas étant séparées par une porte
en bois avec « ticklet » qui me rappelle mon
enfance. Toute notre conversation sera bercée par le
va et vient du balancier de la pendule comtoise et
les sonneries de quart d’heure en quart d’heure.
Robert est né le 10 janvier 1928 à Chouzelot.
Il s’est marié le 18.07.1953 à CESSEY à Louise
PASTEUR née le 10.2.1921 à CESSEY, épouse hélas bien
trop tôt décédée le 24.7.1973.
Robert s’est
installé à Cessey en 1950 pour exploiter une ferme :
culture, élevage, vaches laitières. Il fabriquait
lui-même son beurre qu’il descendait vendre à
Quingey, entre autres à ma grand-mère (Gabrielle
GUINCHARD), épicière jusqu’en 1958, Rue des Salines
en face de la quincaillerie Dody. Robert et son
épouse ont eu 6 enfants : une fille née en 1954, un
garçon né en 1955, une fille née en 1956 et
…………………….des triplés, 3 garçons, nés en 1964, un
sacré évènement dans le coin !
La vie était
certes dure, les journées très longues, les nuits
très courtes en particulier au moment des moissons,
mais cette vie, même si les conflits et les
histoires de village étaient parfois rudes, elle
était riche d’une valeur trop souvent disparue
aujourd’hui : la communication, la transmission du
savoir et de la mémoire, qui se faisaient tout
naturellement au cours des veillées, ou en rentrant
les bêtes le soir, ou assis sur le banc devant la
maison. Tout le monde était à pied, pas de
télévision, on discutait.
Difficile à faire
aujourd’hui avec un nombre incalculable de voitures
qui passent à toute allure dans la rue principale,
cette rue qui, jusque dans les années 1965 était un
« cul de sac ». En effet, l’accès aux Champs du
Fourneau ne pouvait se faire qu’à travers champs,
par un sentier qui s’est transformé en chemin
caillouteux, en tout état de cause praticable
uniquement à pied ou à la rigueur en vélo.
Ma grand-mère (1893-1973) disait : « Cessey c’est le
dernier village du monde parce que le bon Dieu a
dit : après Cessey, c’est assez ». Différentes
« formules » de ce dicton existent qui ont toutes la
même signification.
Pour dire si en 40/50
ans, les choses ont bien changé !
Un autre
jeu de mots avec 3 villages du canton m’est donné
par Robert : « Cessey le Fourg By ».
Pour
en rester un peu aux années 50/60, je rappelle
souvent que l'oncle de Grenoble qui venait avec son
épouse et des cousins, depuis Grenoble en voiture
( !), nous emmenait mes frères et moi faire un tour
de voiture, récompense suprême, sur la RN83 en
direction de Besançon. Il s’arrêtait au bord de la
RN à peu près en face de Cessey et on passait un
moment à jouer au bord de la route…………………..Comme on
jouait dans la rue des Salines à Quingey au ballon,
aux patins à roulettes, à la corde à sauter
etc…….Difficile à imaginer n’est-ce pas les
jeunes ???? Même à Cessey ce n’est plus imaginable !
Le père de Roland Poncet né en 1898 et qui
était Cessois, a vu passer sa première automobile en
1903. Il s’était alors écrié : « mais elle va vite,
et elle roule « sans » chevaux !!!! ».
C’est
en 1965 que le groupe scolaire Charles Belle a
ouvert ses portes à Quingey et que Cessey a perdu
son école, malgré la forte mobilisation des gens de
Cessey qui avaient proposé d’adopter des enfants de
l’assistance publique pour empêcher la fermeture de
l’école. Rien n’y a fait. Avec le recul et ce que
l’on sait aujourd’hui de la pollution engendrée
entre autres, par les véhicules, on peut se poser
certaines questions quant aux transports scolaires
dans le cadre de la protection de l’environnement et
de la fatigue imposée aux enfants !!!!! Trop tard
hélas !!!!!
C’est aux environs de 1970/75
que la route a été ouverte et goudronnée pour mener
aux Champs du fourneau. Ca a été le début de ventes
de prairies en terrains à bâtir, en particulier par
Jean GRANGEOT des Champs du fourneau.
Cessey
n’ayant ni église ni cimetière, le village fait
partie de la paroisse de Quingey avec Quingey,
Lavans, Pessans, Chouzelot. L’histoire de l’église
et des cimetières de Quingey est donc également
celle de Cessey, les livrets écrits sur ces deux
sujets donnent de nombreux et précieux
renseignements que je vous proposerai de parcourir
ensemble tout à l’heure (…)
Comme on le
pense, à juste titre d’ailleurs, l’activité
principale de Cessey a été de tout temps
l’agriculture. Il reste aujourd’hui un seul
exploitant agricole à Cessey. Des agriculteurs de
Chouzelot et Courcelles exploitent certaines terres
(…)
Activité principale l’agriculture
certes, mais qui aurait pu soupçonner que 2 autres
très grosses activités ont fait vivre des familles
de Cessey jusqu’au début du 20ème siècle pour la
première, jusqu’après la guerre de 39/45 pour la
seconde :
Tout d’abord : la vigne (et les
vergers)
Tous les coteaux du haut de Cessey
étaient couverts de vigne, de même les coteaux à
droite de la route de Courcelles. Hélas, mille fois
hélas, comme dans de très nombreuses régions de
France, le phylloxéra au début du 20ème siècle a
fait les ravages que l’on connaît et la vigne n’a pu
être replantée, tout du moins à l’échelle de ce
qu’elle était. Déjà en 1915, des orages de grêle
épouvantables avaient tout détruit (dixit Héloïse
BAILLY née en 1895 – épouse CLERC puis FIAT).
Les murets en pierres dont il reste des vestiges
dans certains champs, étaient construits par les
anciens pour délimiter les propriétés (les pierres
provenaient du « dérochage » des champs).
Et
ensuite : la pêche.
De nombreuses familles
de Cessey (par exemple les Fiat, les Poncet, les
Pasteur etc….), avaient comme activité principale la
pêche dans la Loue et ils partaient, à pied, vendre
leur poisson au marché de Besançon. Les femmes
portaient un panier plein de poisson sur la tête
comme l’ont raconté à Roland Poncet, son grand-père
né en 1856 et sa grand-mère née en 1877. Ils
traversaient la Loue avec leur pêche, chargeaient
les poissons sur des charrettes qui attendaient sur
la route de Besançon en face de Cessey, et en route
pour la ville !!!! Les charrettes étaient celles
entre autres, du grand-père et de
l’arrière-grand-père de Robert : Jean-Baptiste
Guinet 1816-1891, Mathias Guinet 1866-1943, tous
deux de Chouzelot.
L’activité a cessé
pendant la guerre de 39/45 et a repris après la
guerre : Paul Guinet et Claude Prillard de Chouzelot
étaient, eux, motorisés : ils emmenaient le poisson
en moto ! (…)
Comment étaient
« ravitaillés » les gens de Cessey autrefois ?
Avant tout, rappelons que les personnes vivaient en
grande partie en autarcie : produits de la ferme et
du jardin, des vergers etc…. qui étaient
transformés, conservés, gardés dans les greniers qui
fleuraient bon les pommes, les noix, les noisettes,
les poires…….. Les femmes cousaient, tricotaient,
crochetaient : les vêtements, les rideaux, les
nappes etc…
Pour le reste, comme partout, il
y avait d’une part les colporteurs.
Par
ailleurs, des commerçants appelés aussi négociants,
de Quingey, faisaient des tournées, tournées tout
d’abord avec une charrette tirée par des chevaux
(les PIDON, les MONANGES, de Quingey par exemple, de
la famille de ma grand-mère qui a participé à ces
tournées), puis avec les camions comme ceux des 4
fils DODY de Quingey : quincaillerie, chaussures,
confection etc……
J’ai fait les tournées avec
Maurice DODY, j’en garde des souvenirs merveilleux :
assise avec ma cousine sur le moteur à l’intérieur
de la cabine avec des bassines, des casseroles etc….
qui envahissaient tout l’espace. On s’arrêtait le
midi le long d’un champ pour manger avec les
agriculteurs. Car Maurice comme ses frères, allait
trouver les cultivateurs là où ils étaient, et les
dames venaient lui acheter ce dont elles avaient
besoin, « au cul du camion ». Tout le monde se
connaissait, partageait les joies et les peines.
Mon arrière grand-père Stanislas DODY
(1858-1939), était cordonnier à Quingey (original
pour un homme qui était arrivé pieds-nus à l’âge de
20 ans à Quingey, depuis Echay). Lui aussi faisait
des tournées : il partait régulièrement de grand
matin, à pied, avec les godillots réparés autour du
cou et il rentrait le soir avec les godillots, à
réparer, autour du cou. Ma grand-mère (sa fille) me
racontait qu’il faisait des tournées de plus de 50
kms parfois : Quingey, Cessey, Courcelles, Goux,
Palantine, Echay, Myon etc…….C’est lui aussi qui a
fait amener la première moissonneuse-batteuse à
Quingey, il a failli se faire lyncher !!!
Et
en ce temps là, on savait aussi marcher pour faire
la fête : une fois par an, c’était la fête du
village à date fixe bien précise (par exemple, à
Quingey, la Saint Martin en novembre et surtout la
fête d’été le dernier dimanche d’août). Les familles
se recevaient à tour de rôle et il n’était pas rare
de se retrouver des tablées de 30/40 personnes,
c’était un évènement. Et pour participer à la fête,
tout le monde partait à pied de grand matin pour se
retrouver au village concerné.
Mon oncle
Jean GUINCHARD né en 1920 à Quingey et qui vit à
Grenoble, me rappelle par ailleurs, que les
différentes familles de « même origine », se
recevaient pour fêter le chef de famille, lors de la
« fête du nom » : Saint Marcel, Saint Louis, Saint
Juste etc….
A Cessey, il n’y avait pas de
fête du village proprement dite dans l’année mais
par contre, il était de coutume de dire que la fête,
c’était le jour de foire à Quingey (1er lundi de
chaque mois). Les gens de Cessey descendaient alors
à Quingey et faisaient la foire un peu dans tous les
sens du terme, nombreux étaient ceux qui remontaient
un peu « pompette ». Il y avait alors à Quingey non
seulement la foire aux bestiaux sur le terrain de
football actuel, mais il y avait également des
étales de toute sorte etc…..sur la place et à la
halle (devant la tour où est né Calixte II).
Intéressant à savoir également : des chanteurs de
rue passaient régulièrement dans les villages (les
nouveaux troubadours en quelque sorte). Ils
chantaient et faisaient chanter sur les places, et
vendaient les partitions des chansons. Je dirais que
ça a duré jusqu’à la veille de la guerre de 39/45
puisque ma grand-mère avait des partitions entre
autres, de Tino Rossi, de Luis Mariano ; elle avait
le fameux « temps des cerises » etc…
Sans
voiture, sans téléphone, sans internet etc…., tout
le monde se connaissait, se fréquentait, tout le
monde participait aux grandes joies et aux grandes
peines de tout le monde. Les mariages (comme les
enterrements d’ailleurs), donnaient lieu à de
véritables festivités parfois sur plusieurs jours.
Les menus étaient copieux, pour preuve, celui
du mariage de ma grand-mère (document joint) le
2.5.1914 !!!!
En conclusion, je dirais
qu’il ne faut pas se prendre à rêver d’une vie
d’autrefois qu’on pourrait penser idyllique, ce
n’est pas le cas. La vie était dure, la mortalité
infantile et des adultes importante, les médicaments
pour les pathologies lourdes n’existaient pas, les
fléaux étaient nombreux et réguliers, les famines,
les guerres etc…..etc….
Par contre, oui, on
peut regretter qu’aujourd’hui, au 21ème siècle, avec
les moyens de locomotion les plus modernes, le
téléphone, les portables, internet,
l’électro-ménager qui soulage de travaux lourds, les
médias radio et télévision qui informent de tout à
tout instant, on n’ait plus le temps de se voir, de
parler, de transmettre, d’échanger, d’ouvrir des
albums photos et de se souvenir.
Mais
cependant, la majorité des personnes répond présente
pour se mobiliser autour de grandes causes ; une
prise de conscience importante se fait autour de la
sauvegarde de la planète ; la généalogie, donc un
besoin de retrouver ses racines connaît un succès
énorme et se développe à vitesse grand « V » ;
alors, il suffit peut-être de bousculer un peu les
choses pour trouver un juste milieu entre avant et
maintenant ?
Horreurs et désastres des
guerres.
Comme tous les villages de
Franche-Comté, Chouzelot a subi les ravages des
invasions dont les suédois, de la guerre de 10 ans,
de 30 ans, de la conquête de la Franche-Comté par
LOUIS XIV (Voir livret « Causerie Ceyssoise), des
invasions de 1814-1815 et a connu des moments forts
lors de la tristement célèbre bataille du Mont
Gardot pendant la guerre de 1870-1871 contre les
Prussiens (voir feuillet annexe).
Chozelois
morts pour la patrie :
MOULET
J.Baptiste 1801 Allemagne
PRILLARD
Claude 1806 Italie
VAUTHIER J 1807 Allemagne
GROSJEAN François 1809 Figuères près de la
frontière espagnole
BARILLOT J.Baptiste 1812
Espagne
JOLY J.Pierre 1830 6ème d’artillerie
GAILLOT Pierre François 1838 Algérie
BOUCHEZ
J.Baptiste 1845 Algérie
BAILLY J.François 1846
Algérie
BART Claude 1866 Condé (nord)
BART
Louis 1870 Reischoffen Alsace Guerre de 1870-1871
GOY Joseph 1870 2ème légion de marche du Rhône
Guerre de 1870-1871
PETIGNY J.Louis 1871 Besançon
Guerre de 1870-1871
PRILLARD L 1882 Badoumbé
SENEGAL
Médaillés de Sainte-Hélène :
Soldats ayant servi dans les armées napoléoniennes
(Napoléon 1er) et qui étaient encore vivants en 1857
date d’attribution de la médaille :
BAILLY Jean
Denis régiment: 54e de ligne période: 1807-1810 et
1815 dossier : 32565
BOUCHEZ Denis Joseph
régiment: 101e de ligne période: 1812-1815 dossier :
174451
COMPAGNON Claude François régiment: 12e
bataillon bis du train d'artillerie période:
1813-1815 dossier : 32566
FAIVRE Claude Jacques
régiment: 12e bataillon bis du train d'artillerie
dossier : 174452
HEBERT Charles François
Hypolite - grade: sergent régiment: 33e de ligne
dossier : 31563
PRILLARD Etienne régiment: 101e
de ligne période: 1792-An XI dossier : 31564
Remerciés pour.....
Gaspard GAILLARD Né le
18/02/1686 à Chouzelot - fils de Jean Claude
GAILLARD et de Jeanne PRATET
Reçu à l'hôtel des
Invalides à Paris le 11/08/1740 - son surnom était
Saint Amour
Philippe MOREL (ou MOUREY) Né le
02/11/1707 à Chouzelot (bois de Chouzelot) - fils de
Jean Claude MOREL (MOUREY) et de Marguerite VAUTHIER
Reçu à l'hôtel des Invalides à Paris le 26/10/1758
Informations recueillies avec l’aimable
participation de Philippe RAMEY dont les ancêtres
étaient de Lavans :
Philippe RAMEY -
Généalogiste professionnel -9 avenue de Montrapon
-25000 BESANCON
Tél. : 03-81-82-88-03 -
Portable : 06-73-57-87-34
E-mail :
rameyphilippe(at)tele2.fr Site internet :
http://www.genealogiste-ramey.com